Les cantines à Rouen : en bio et en régie

LA REGION NE VEUT PLUS ETRE LA DERNIERE

Paris Normandie du lundi 13 avril 09

 

 

La région ne veut plus être la dernière en France

pour ses surfaces agricoles bio

 

 

 

Moins de 1% des surfaces agricoles utiles dédiées à l’agriculture biologique : 0.4 % exactement. La Haute-Normandie est bonne dernière en France, a égalité cependant avec la Picardie et le Nord-Pas-De-Calais. Il faut viser l’échelle Normandie pour retrouver le sourire avec 1,4 % des surfaces en bio, à peu près au même niveau que la région Poitou-Charentes, alors que la moyenne nationale est à 2 %.

 

 

Pourquoi ce retard ? Il est plus facile de faire du bio avec une centaine d’arbres fruitiers dans les Bouches-Du-Rhône qu’avec 100 hectares de blé en Haute-Normandie. « Si la Haute-Normandie est à la remorque, c’est que les typologies des exploitations sont différentes », justifie Emmanuel JOINTLAMBERT, président de la chambre d’agriculture de l’Eure. De fait, l’orientation plutôt céréalière de la Haute-Normandie explique le retard sur le bio, les grandes cultures étant moins sujettes à une conversion que l’élevage, le maraîchage ou les cultures fruitières.

 

 

Comment le réduire ? Il y a tout à faire ici, en Haute-Normandie, il y a de la place pour les agriculteurs bio, sachant que la demande des produits est croissante, + 10% par an depuis cinq ans globalement et que les agriculteurs n’arrivent pas à fournir ». En affichant ce constat, et en signant une convention avec le groupement des agriculteurs bio, les chambres d’agriculture de l’Eure et de la Seine-Maritime veulent inciter les agriculteurs à s’installer ou à se convertir au bio.

L’objectif des partenaires est une vingtaine d’installations par an. En toile de fond, ils soulèvent l’argument statistique qu’un français sur 4 consomme un ou plusieurs produits bio. Et 1/3 des consommateurs-acheteurs déclarent avoir l’intention de développer leur consommation bio.

 

 

Accompagnement. « Mais si l’agriculture bio doit répondre à une demande, cela doit se faire dans des conditions de revenus honorables pour les agriculteurs, prévient Emmanuel JOINT-LAMBERT. Il est essentiel de développer des solutions technologiques pour que l’agriculture relève des défis devant elle. Il ne s’agit pas de culpabiliser les agriculteurs dans leurs pratiques mais de les accompagner, tout en assurant la viabilité de leur entreprise. » Les chambres acceptent donc d’ouvrir leurs boîtes à outils, avec les palettes de formation et d’analyse économique, les pistes de subventionnement possible…Les agriculteurs bio, ou futurs adeptes du bio seront donc moins seuls à se battre pour démontrer la pertinence de leur modèle économique. « Ce fût le cas pendant des décennies, songe Benoît LELIEVRE, le Président du groupement des agriculteurs bio en Haute-Normandie. Il faut reconnaître que notre action a été difficile dans un contexte agricole très industriel et

spécialisé. Mais de nombreux évènements comme le Grenelle de l’Environnement confortent notre existence et nos objectifs de changement pour l’avenir ».

 

 

Quels réseaux ? Mais il s’agit aussi de travailler sur les réseaux de distribution. «Car même si la demande est là, il faut des lieux pour vendre», insiste Emmanuel JOINT-LAMBERT. La tâche ne sera pas facile. S’agissant notamment de viande bovine à base d’herbe – pour laquelle l’agriculture bio est une cible réaliste et assez facile à atteindre – qui dit « bio » dit circuits courts de distribution qui n’existent pas forcément. Il faut donc proposer des modèles économiques performants aux éleveurs ».

 

 

 

Agriculture biologique : tout est à faire

 

 

En bref : Hyper U, Carrefour, Leclerc, Auchan…les rayons bio prennent de l’ampleur en haute-Normandie, mais les chiffres d’affaires restent minimes par rapport aux autres produits. A ce jour par exemple, une enseigne comme Carrefour en Normandie indique ne pas avoir de demande spontanée de producteurs bio régionaux pour un référencement, mais se dit ouverte à toute demande.

 

 

 

Deux régions, deux vitesses

 

 

Avec à peine 0,4 % de surfaces agricoles concernées, la Haute-Normandie est dernière au niveau du bio avec seulement 88 exploitations (37 dans l’Eure et 43 en Seine-Maritime). La Basse-Normandie fait beaucoup mieux avec 2,1 % des surfaces, dépassant tout juste les 2 % du niveau national. Les deux régions cumulées atteignent le taux de 1,4 %.

 



20/04/2009
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